Ecrit par Eric GORGEU
Créé le 4 mars 2010 Écrit par Eric GORGEU Catégorie : Entreprises en difficulté
Publié le 4 mars 2010
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Eric GORGEU« Donnez moi un appui et un levier et je soulèverai la Terre » Archimède. L’effet de levier s’applique aussi bien aux PME qu’aux grosses entreprises. En effet, pourquoi la valeur d’une entreprise chute-t-elle plus vite ou moins vite qu’une autre entreprise du même secteur ou pourquoi se stabilise-t-elle ? Et la question inverse est toute aussi vraie.
Toute société, quel qu’elle soit, a une valeur. Celle-ci varie en fonction d’éléments intrinsèques et d’éléments de marché. Par la suite, il faut établir une méthode qui convienne à l’acheteur comme au vendeur et qui soit réalisée en toute indépendance. Cette valeur est obtenue par des méthodes plus ou moins sophistiquées mais l’estimation est ni un exercice simple ni une science exacte.

Aujourd’hui, même si le segment des PME est beaucoup plus réactif que celui des grands groupes, il reste néanmoins plus sensible dans un environnement de crise. En effet, face à des difficultés financières ou commerciales, le management ne sait pas toujours mettre en place des mesures rapides de redressement. La valorisation peut alors chuter plus rapidement que la valorisation moyenne des entreprises du secteur.

Les PME sont confrontées à un choix difficile : soit j’accepte de prendre des risques forts, commerciaux ou financiers, soit j’opte pour une gestion plus prudente, avec une prise de risque modérée. Dans un marché en croissance, mon premier choix se traduira par une plus forte valorisation potentielle ; mon second choix aboutira à une valorisation plus faible mais plus régulière.

En cas de renversement de marché ou de période de crise, le choix d’une prise de risques forts se retourne encore plus violemment contre moi. En revanche, en ayant adopté une gestion plus prudente, la valorisation diminue, avec une variation moindre, voire se stabilise. On peut en déduire qu’il existerait une prime à la régularité. Car la gestion passée est aussi importante que la gestion future.

Le déplaisir d’une perte en capital est 4 fois supérieur au plaisir du gain en capital. Fort de ce constat, il serait facile de privilégier la régularité, car sur les marchés financiers, comme dans les opérations de valorisation, on regarde aussi et surtout la gestion passée, et l’on s’arrête plus facilement sur les accidents de parcours que sur les réussites.

La méthode de valorisation la plus couramment admise est celle de l’actualisation des cash flows futurs (DCF ou Discounted Cash Flow) ou encore évaluation par les flux de trésorerie prévisionnels. Elle met en perspective la relation rentabilité-risque-valorisation. Le principe est d’actualiser à aujourd’hui, avec un taux défini, l’ensemble des cash flows à venir dégagés par l’entreprise. Malgré la difficulté d’établir des prévisions d’activité à 10 ans, l’élément-clé de cette méthode est le taux d’actualisation retenue.

Ce taux met en avant deux éléments clés :

• le coefficient bêta que l’on pourrait définir comme la sensibilité de l’entreprise par rapport à l’environnement économique. C’est aussi un indicateur de risque ; si le marché baisse, la valeur de la société sera susceptible de baisser plus vite ou moins vite que ce dernier, selon le niveau du coefficient choisi, et inversement.
• la prime de risque qui définit ce qu’attend un investisseur pour rémunérer le risque supplémentaire qu’il prend (par rapport à un placement qualifié de sans risque, type livret A). Elle peut se décomposer entre une prime de risque « marché » (celle de toute l’activité en générale), une prime de risque sectoriel, et une prime de risque spécifique à l’entreprise, notamment sa santé financière, sa capacité de rebond, etc…

Le point essentiel de la valorisation d’une PME est l’effet multiplicateur de ces 2 paramètres. Ceux –ci sont laissés à l’appréciation subjective des valorisateurs, et dépendent donc de la perception qu’ont ces derniers de l’entreprise.

Il est donc impératif pour une entreprise de communiquer sur sa réactivité en situation de crise, sur ses fondamentaux, sa capacité d’avoir anticipé pour mieux résister tout en se « projetant » dans l’avenir. En un mot d’avoir réussi la délicate alchimie de gérer vertueusement sa société tout en prenant des risques. Il faut savoir rassurer pour préserver sa valorisation.


Eric GORGEUEric Gorgeu
Volnay Consulting
www.volnayconsulting.com

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Mis à jour le jeudi 7 mars 2013 01:57

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