| Développement commercial des TPE/PME : si simple – Alors, pourquoi s’organiser ? et comment ? |
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| Écrit par Jacques-Olivier GARDA | ||
| Lundi, 21 Mars 2011 00:00 | ||
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Vendre constitue l’une des activités les plus anciennes de l’humanité puisqu’il s’agit de satisfaire un besoin par une offre adaptée. Tous les experts du développement commercial vous le diront : si elle nécessite des techniques, la vente repose avant tout sur 3 qualités : le bon sens, l’écoute et l’envie de réussir avec son client. Pourquoi tant d’entreprises rencontrent-elles des difficultés pour se développer durablement alors que les dirigeants des 3,5 millions de PME/TPE sont souvent pétris des qualités évoquées ? Quelles sont les pistes pour en sortir ?
Quelques repères de bon sens vont nous guider pour tracer la route à suivre :1) Simple ne veut pas dire facile. La complexité résulte souvent de l’addition de choses simples, qu’il n’est pas toujours aisé d’articuler ensemble. Comment faire ces choix pour le dirigeant ? Comment réussir ces étapes ?Fixer le cap pour choisir en toute sérénitéJe laisserai aux théoriciens du choix expliquer en profondeur les ressorts de celui-ci pour me concentrer sur l’essentiel : quoi que l’on fasse ou rêve, chacun (individu ou entreprise) dispose de domaines d’excellence qui ont pour conséquence qu’il est plus facile de réussir dans certains domaines et auprès de certains clients. Plus facile dans le sens, non pas où l’effort est absent mais où le plaisir est présent, malgré les difficultés rencontrées. Il est donc fondamental de commencer par identifier ces domaines d’excellence pour éviter de disperser son énergie et son temps. Réussir les 3 étapes de la ventePour assurer la réussite de sa démarche commerciale, 3 questions doivent nous guider : Générer le 1Er contactC’est une lapalissade mais le moyen par lequel je veux entrer en contact avec mon futur client doit être adapté à son profil. Quel serait l’intérêt, par exemple, pour un usineur de réaliser une insertion publicitaire dans un quotidien national quand sa clientèle est locale et ne peut être contactée que par une relation directe (par téléphone ou visite d’un commercial par exemple). Comment transformer le 1er contact en clientPour aborder cette étape, il faut identifier les différentes phases qui la constituent. Ensuite, il est nécessaire de prendre le temps, même rapidement, de s’interroger sur : concrètement, de quoi vais-je avoir besoin lors de chacune de ces phases (un texte de présentation de la société à apprendre par cœur pour réaliser une présentation professionnelle, une carte de visite, une plaquette, un argumentaire téléphonique, des devis types, des contrats de maintenance, …). Mesurer la rentabilité des investissements commerciauxLa mesure de la rentabilité poursuit un double objectif : identifier si l’investissement est rentable et identifier les investissements les plus rentables pour réorienter les investissements futurs évidemment. Cela nécessite que, à chaque vente ou facture, soit associée une origine. Autrement, les dépenses commerciales consenties seront comme une bouteille à la mer. Pour conclureTout ce qui a été écrit précédemment, pris point par point, est simple à réaliser. Ce qui devient plus complexe, c’est de tout articuler. La solution consiste, après avoir identifié tous les éléments décrits (objectifs, outils, organisation, ressource, système d’information), à lister toutes les actions à mener, les hiérarchiser, les planifier, les mettre en œuvre et les contrôler. Comme pour tout atelier de production. Alors, mécaniquement, les résultats commerciaux suivront : seule une production commerciale quotidienne et suivie assurera un développement pérenne et durable de l’entreprise.
Jacques Olivier GARDA Expert en développement commercial Membre du réseau Prospactive A lire aussi ...
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| Mise à jour le Vendredi, 22 Juillet 2011 10:00 |
Une campagne présidentielle est toujours propice à la réflexion, notamment sur le champ de l’emploi, préoccupation numéro un des Français, à en croire les sondeurs.
Après vingt-quatre ans de management d’une PME dont je suis le fondateur (37 personnes, 4 millions d’euros de CA) il m’a semblé important d’expliquer ce qui se passe dans une petite structure qui tente de se développer dans la situation économique actuelle. Ce qui conditionne le processus de création d’emplois d’une PME est son carnet de commandes. Pour parvenir à une commande, il faut une activité longue et patiente en amont (prospection, réponse à appel d’offres, remontée d’une chaîne de décision, vente, etc.), qui s’appuie sur les produits vendus ou les projets réalisés précédemment par l’entreprise ; d’où le besoin de relations longues avec ses clients. Elles existent en France entre les grandes entreprises elles-mêmes (informellement, à travers les membres de leur conseil d’administration), et entre ces grandes entreprises et les administrations (autour des marchés publics).
Au-delà des problèmes bien réels de financement et de contraintes réglementaires excessives, il y a avant tout des obstacles systémiques au développement des PME en France. C’est là où le bât blesse : contrairement à l’Allemagne, les relations à long terme en France n’existent pratiquement pas entre les grandes entreprises et les PME. Au contraire, en cas de crise, la PME française est la première variable d’ajustement, avant même les salariés de la grande entreprise : au premier coup de vent, on commence par «se débarrasser» des petits sous-traitants ! En outre, les grandes entreprises françaises reçoivent de manière détournée des subventions indirectes de l’Etat ou des collectivités pour ne pas licencier. Véritable écosystème vertueux, évidemment inaccessible pour des PME, TPE.
Dès lors, voilà ce qui se passe dans la relation entre une PME et ses grands clients, dès que le climat économique s’assombrit :
1. les départements opérationnels (ceux qui passent commande) s’empressent de geler les projets et d’arrêter (souvent brutalement) les commandes en cours, pour réduire les coûts ;
2. les départements d’achats déclenchent des campagnes de baisses unilatérales des prix sur les rares projets ou commandes qui subsistent ;
3. les départements comptables mettent en place des barrières non contractuelles qui génèrent autant de retards dans les délais de paiement, que la PME doit accepter pour survivre ;
4. les départements de ressources humaines organisent le débauchage des collaborateurs des PME les plus utiles pour eux, et dont la PME ne peut plus augmenter la rémunération ; ceci leur évite en plus de former des jeunes ou des apprentis.
Cette situation s’aggrave pour une PME œuvrant dans le secteur des services, qui souffre d’un déficit d’image par rapport à l’industrie manufacturière ; en bas de l’échelle se trouvent les services informatiques, et plus généralement le secteur du numérique, bien qu’il s’agisse aujourd’hui d’une source d’investissement en l’avenir. En effet, pour une PME innovante dans les métiers du numérique, il est essentiel de valoriser ses savoir-faire sur tous ses clients. Mais les savoir-faire, s’ils sont assez bien reconnus pour la fabrication des biens matériels, sont assez faciles à nier pour les produits immatériels de l’industrie du numérique. Il est donc aisé, pour une grande entreprise, d’organiser le pillage des employés clefs formés par les PME, quitte à détruire la valeur de leurs investissements sur le capital humain.
Le résultat de ces pratiques est un effet «tenaille» pour les PME, entre les recettes qui s’effondrent et les coûts qui explosent. La PME ne peut s’en sortir qu’en retrouvant un point d’équilibre bien plus bas entre ses emplois et ses marchés, produits et projets…
Ainsi va le non-développement des PME en France.
Ce phénomène devient systémique au sens où la plupart des grands comptes de la PME procèdent de la même façon et au même moment. La barre est donc de plus en plus haute : peu de chefs de petites entreprises (sans être pour autant des petits chefs d’entreprise) sont capables de tenir longtemps physiquement et psychologiquement dans un contexte économique aussi déséquilibré au profit des grandes entreprises !
En résumé, le développement des PME françaises passera par la création d’écosystèmes qui leur sont favorables, en inversant le cercle vicieux des pratiques actuelles. En contrepartie, ces PME devront s’engager à continuer à former (notamment des jeunes), à innover et à s’internationaliser chaque fois que possible. Pour le secteur du numérique, les transferts de technologie entre PME innovantes et grandes entreprises permettraient que l’économie de la connaissance se développe enfin en France. Le tout sera bénéfique pour toute l’économie car une PME qui se développe devient une de ces fameuses entreprises de taille intermédiaire qui manquent tant à la France, en comparaison avec l’Allemagne.